L'Afrique à Bruxelles cet été

 

Bruxelles célèbre cet été le 50ème anniversaire de l’indépendance de 17 pays africains dont celui de la République Démocratique du Congo (ex Congo Belge). Expositions et festival d’envergure animent la ville en mettant en valeur le patrimoine africain et la création noire contemporaine.

 

 

 
Que tous ceux qui aiment l’Afrique prennent le chemin de Bruxelles cet été !
 
Avec « l’Afrique visionnaire / Visionary Africa », la capitale belge célèbre et questionne la culture africaine. Ce festival propose expositions, concerts, spectacles, conférences, moments festifs et parenthèses critiques ou de réflexion.
Deux lieux emblématiques concentrent les manifestations : Bozar -le palais des Beaux-Arts- au centre ville et le Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren.
Le programme est dense mais passionnant. Revue de détails :
 
A Bozar
 
GEO-grafics
 
C’est l’exposition pivot de « l’Afrique visionnaire / Visionary Africa ».
Elle est scénographie et co-réalisée par David Adjaye, architecte de renom britannique d’origine ghanéenne (B. Obama l’a choisi pour bâtir le Musée National de l’Histoire Afro-Américaine à Washington).
 
GEO-grafics fait dialoguer plus de 200 objets ethnographiques venant de musées et collectionneurs privés belges avec une sélection d’œuvres d’artistes contemporains africains. Les sculptures, masques, fétiches, bijoux, peintures sous verre et instruments de musique remontent jusqu’au XVIème siècle. Ces pièces anciennes sont exposées en regard de peintures, sculptures, photos, installations et vidéos de notre époque.
 
Pour souligner le dynamisme de la scène artistique d’aujourd’hui et balayer quelques clichés, les œuvres contemporaines ont été sélectionnées puis présentées par des centres culturels du continent (Doual’art au Cameroun, La ronde des Arts en Côte d’Ivoire, CCA au Nigéria, CCAEA au Kenya, Picha en RDC, Darb 1718 en Egypte, Appartement 22 au Maroc et Raw Materiel Company au Sénégal).
La présence de ces centres montre aux européens que la culture africaine sait être structurée. Elle souligne aussi l’identité résolument urbaine de l’art contemporain africain.
Nicola Setari, directeur du projet "L'Afrique visionnaire / Visionary Africa" détaille la sélection faite par quelqu’uns des centres présents :
 
 
 
Une série de photos de David Adjaye rend aussi compte de l’essor –anarchique ?- des villes.
 
Comme le laisse entendre le jeu de mot sur le titre de l’exposition, cette manifestation est conçue comme un voyage à travers les différentes zones géographiques du continent : sahel, désert, savane, forêt. Les concepteurs défendent l’idée que l’art –quelque soit son époque- est influencé par son environnement.
 
 
Une partie de GEO-grafics revient sur les pratiques et politiques culturelles en Afrique depuis plus de 50 ans (ainsi que sur leur soutient international). Les organisateurs conçoivent cette présentation comme le premier chapitre d’un vaste projet qui souhaite dégager des perspectives pour la culture africaine du demi-siècle à venir. C’est ambitieux… Surtout sur un continent où la culture, les structures qui la défendent et les hommes qui l’animent restent vulnérables.
 
  
L’Afrique en photos
 
« Un rêve utile » retrace 50 ans d’histoire de la photographie africaine.
Entre les oeuvres de photographes noirs connus internationalement et celles de figures montantes, se dessine les identités modernes du continent.
Les indépendances ont aussi libéré le regard. Les africains, plus qu’avant, se sont alors photographiés tels qu’ils sont ou tels qu’ils se voient, avec leurs codes et leurs esthétiques.
 
 
 
Bozar consacre aussi une rétrospective à Roger Ballen. Ce photographe sud-africain d’origine américaine possède un univers très particulier et profond. C’est un magistral manipulateur d’objets et de modèles qui révèle un monde inédit. L’ambiance de ses clichés peut rappeler Becket ou Bacon. Un regard singulier et intense sur l’homme et le monde.
 
Vincen Beeckman poursuit son projet socio-interactif Pôze. Avec "Pôze III / Africa Town", il a proposé à des africains ou à des passionnés d’Afrique de photographier leur quotidien. Un jury a sélectionné les meilleures images qui sont montrées à Bozar.
 
L’Afrique sur scène
Le festival « l’Afrique visionnaire / Visionary Africa » ne s’intéresse pas qu’aux arts plastiques. Une large programmation de spectacles vivants les accompagne.
Pitcho Womba Konga, Rokia Traoré, Angélique Kidjo, Didier Awadi, Papa Wemba, Venancio Mbande sont entre autre invités côté musique.
Germaine Acogny et Serge Aimé Coulibaly sont là pour la danse et Dieudonné Kabongo pour le théâtre.
 
Le grand concert « 50 ans de musique congolaise » donné à Kinshasa le 30 juin est aussi programmé à Bruxelles le 16 juillet (unique date en Europe).
 
Du 9 au 18 juillet, une série de concerts de rumba acoustique revient sur les chansons qui ont profondément marqué et accompagné l’histoire congolaise. (comme Indépendance Cha-cha, évidement !)
 
Une journée gospel est également organisée le 10 juillet avec différents concerts entre le quartier de Matongé et Bozar.
 
 
Au Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervuren 

 

Fleuve Congo, 4700 km de nature et de culture en effervescence
 
Le Congo est un des plus longs fleuves du monde mais aussi un des moins bien connus.
Sur 650m2 le MRAC décline l’histoire, la nature et la vie des hommes de ce fleuve emblématique pour l’Afrique. l'exposition va  de la source à l'estuaire en passant à travers les âges.
Le musée s’appuie sur ses très riches collections pour présenter une sélection d’objets fascinants, précieux ou utilitaires. Belle scénographie. Idéal pour une sortie en famille avec des enfants.
Ecoutez (ou téléchargez) l’émission que nous consacré à cette exposition
 
 
 
Indépendance !
 
L’exposition retrace l’histoire congolaise et l’indépendance du pays à travers les souvenirs des congolais. Ils ont la parole. Calebasses peintes, pagnes, BD entre autre peaufinent le trait d’une histoire nationale vue à travers le quotidien. La musique et les chansons, si importantes en RDC, racontent aussi l’histoire du pays. Plus que l’histoire, c’est identité d’une nation qui se définie à travers la voix et les expressions de son peuple.
 
Les concepteurs de l’exposition ne se contentent d’explorer ce qui s’est passé en 1960. Ils inscrivent l’indépendance dans un contexte plus large qui va de l’entre-deux-guerres aux élections de 2006.
Ecoutez (ou téléchargez) l’émission que nous avons consacré à cette exposition :
 
 
 
Kinshasa-Bruxelles : de Matonge à Matonge
 
Jean-Dominique Burton a photographié les deux quartiers qui portent le même nom. Son travail regorge de visages et de moments colorés, émouvants, en tout cas vivants.
(regardez ci-dessous)
 
 
 
Le MRAC, ouvert il y a cent ans cette année comme outil de propagande coloniale, est désormais une institution pluridisciplinaire en sciences naturelles et humaines dont le principal sujet d’étude est le bassin du Congo. Les rigoureux scientifiques qui oeuvrent au MRAC proposent aujourd’hui une histoire critique de la colonisation. C’est un lieu de visite très intéressant pour ses collections ethnographiques et zoologiques ainsi que pour son cadre : bâtiment 1900, sculptures et parc. Allez voir ce musée avant sa réhabilitation complète prévue de 2011 à 2014. Son coté vieillot témoigne d’une époque…
 
Pratique

Cet été, des tickets combinés existent pour voir les expositions de Bozar et du MRAC.

Les expositions de Bozar durent jusqu’au 26 septembre 2010.
 
Les expositions du Musée Royal de l’Afrique Centrale sont visibles jusqu’au 9 janvier 2011 (sauf « Kinshasa-Bruxelles : de Matonge à Matonge » présenté jusqu’au 30 septembre).
 
Bozar, le palais des Beaux-Arts, est situé au centre ville entre la gare centrale et le palais-royal, à deux pas des musées royaux des Beaux-Arts.
 
Le MRAC se trouve à Tervuren, à environ 40 mn du centre (métro + Tram). Le tram passe à travers des jardins anglais, un quartier vert et huppé, une forêt … c’est déjà un voyage ! L’entrée du musée est à quelques mètres du terminus du Tram.
 
 
(Photos : J.D. Burton, Charlotte Benedetti, J.M. Vandyck, Joseph Makula, collections de MRAC, Ludovic Dunod, Ricardo de la Riva, George Osodi, Essop Brothers, Roger Ballen, Studio 3z, Abdelazziz Myriam, Mattias, Lundblad, Mansour ciss, David Adjaye)

 

1 Comments

Hier Musée de l'imposible!
Ibi au coeur du Pays Dogon sur la Falaise de Bandiagara au Mali existe maintenant le 1er Musée d'Art contemporain Plein Air (MACPA) officialisé par Mohamed El Moctar Ministre de la culture en février 2010.
Initiative d'Artistes au profit du village de Ibi.
Prochain Symposium International de Sculpture de iBi
"Dégué Labon 2011 "
Appel à candidature aux Artistes sculpteurs.
Merci de visiter le site du Symposium et de faire passer l'information:
http://symposiumibi-mali.com
.
Chantal Zougui

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