Brasilia : l'utopie Capitale

La chambre des députés de BrasiliaLa capitale brésilienne est entrée dans sa cinquantième année.
Voulue par des politiques, réalisée par des architectes et des urbanistes, la ville est-elle à l’image des rêves qui l’ont vue naître ?

 

(Crédits photos : Céline Develay Mazurelle)

Ecoutez ou téléchargez notre émission sur Brasilia: 
 

 


 

 

On ne débarque pas par hasard à Brasilia. La capitale du Brésil, inaugurée le 21 avril 1960, semble perdue au centre du pays. Rio et Sao Paulo (les deux rivales qui se disputaient jadis le titre de capitale) sont à plus de 1000 km. Salvador à plus de 1500. On vient ici parce qu’on a vraiment envie de voir à quoi peut ressembler une des villes les plus planifiées au monde.

Brasilia apparaît d’abord comme un fantasme visuel. Les constructions conventionnelles n’ont pas leur place. Ici, tout n’est que lignes, courbes et formes géométriques. Les bâtiments imaginés par Oscar Niemeyer, le grand architecte brésilien du XXème siècle, déclinent avec audace toutes les possibilités du béton armé. Ils prennent l’allure de sculptures géantes et audacieuses.

La ville est le centre des grands pouvoirs nationaux. Elle a été construite pour les magnifier mais ce sont des artistes qui l’ont façonnée. Le pensée créative est donc omniprésente. Même dans les routes à quatre voies ou les autoponts.
Le plan pilote de Brasilia a été réalisé, en quelques lignes très poétiques, par Lucio Costa. Un espace muséographique permet de comprendre l’importance de son travail dans la genèse de la capitale. C’est lui qui a imaginé cette organisation où le pouvoir se concentre au milieu, les zones de bureaux sur ses bords et les quartiers résidentiels en deux ailes d’oiseaux qui achèvent d’étirer la ville comme un sourire.
 

 Danielle Birck/ RFI)

L'axe monumental de Brasilia.
(Photo : Danielle Birck/ RFI)

Vers la vie quotidienne

Les premières impressions Brasilia désarçonnent. On ne retrouve pas les repères habituels d’une ville. On se sent écrasé par la monumentalité des bâtiments. Rien ne paraît naturel. On a l’étrange sensation de déambuler dans une maquette géante. Le vide entre les constructions, l’étendue de l’horizon que rien n’arrête, les avenues interminables contribuent à faire de la visite une expérience inédite.

L’homme se sent tout petit ici et cherche sa place. Pourtant plus de deux millions de personnes résident à Brasilia. Pour découvrir comment ils vivent, il faut se rendre dans les superquadras. C’est dans ces carrés géants, baignés de verdure, que les concepteurs de Brasilia ont organisé la vie des habitants. Aucun vis à vis, des commodités accessibles facilement, pas de voiture, des espaces de jeux, des arbres, des fleurs, des bâtiments surélevés pour faciliter la circulation de l’air.

Les principes de la charte d’Athènes, rédigée en 1933 par des architectes engagés et en particulier Le Corbusier, ont été respectés ici. Une ville construite pour ses habitants. Une utopie sociale et urbaine qui voulait mêler dans un même lieu les plus pauvres et les plus riches. Cet objectif n’a pas été atteint dans la mesure où c’est surtout la petite bourgeoisie locale qui vit dans ces quartiers. Ceci dit, les superquadras ont bien résisté au temps et demeurent des lieux de vie agréables et commodes.
En 1960, quand Brasilia est née, il a fallu promettre 100% d’augmentation de salaire aux fonctionnaires pour qu’ils acceptent de s’y installer.
Aujourd’hui, même si la capitale brésilienne n’a pas la sensualité de Rio ou l’énergie de Sao Paulo, il fait bon y vivre. L’utopie a pris forme, elle est devenue une réalité et, à bien des égards, une réussite.



Renseignements pratiques :

Préparer son voyage :

www.braziltour.com (site en français et en portugais)
www.aboutbrasilia.com (site en anglais)

Y aller :

Brasilia ne dispose pas d’autant de vols internationaux que Rio ou Sao Paulo. La destination est plutôt accessible par l’intermédiaire d’un vol intérieur. La capitale est reliée aux autres grandes villes brésiliennes par de nombreux vols quotidiens.
Rio est à 1h 30 d’avion, Sao Paulo à 1h10 et Salvador à 1h50.
On peut aussi arriver en bus. La gare routière est au centre-ville. Il faut compter 17 heures pour venir de Rio, 14 heures de Sao Paulo et 24 heures de Salvador.

Se loger :

Les hôtels, quelque soit leur catégorie, sont situés au centre-ville, au croisement des deux grands axes. Il n’existe pas beaucoup d’établissement bons marchés.
La ville est fréquentée en semaine par des politiciens et des hommes d’affaires qui retournent chez eux le week-end. Les hôtels étant vides, beaucoup font des réductions à ce moment-là.

A voir dans les environs :

Parc National Chapada dos Veadeiros. Situé à 250 km de Brasilia, c’est un espace naturel composé de vallées, de gorges, de cascades, de rivières et de montagnes.Un paysage idéal pour marcher et se ressourcer après la découverte de la capitale de béton armé.
En dehors des limites du Parc national, mais toujours dans la Chapada, ne pas manquer la Vallée de la lune, célèbre pour ses roches blanchâtres et ses piscines naturelles.
 

A lire :

« Brasilia, Ventura Ventis » aux Editions Les Requins Marteaux.
Un bel album conçu comme un voyage graphique à travers la ville : BD, photos-montages, archives, croquis, témoignages … Brasilia inspire les artistes de tous poils !

 

 

1 Comments

En termes d'architecture, Brasilia demeure l'une des plus belles & plus fortes expériences de ma vie, dont j'ai essayé de témoigner ici par quelques photos :

http://davidikus.blogspot.com/search/label/Brasília

J'espère que cela vous plaira.

http://davidikus.blogspot.com

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