L’Inde à Paris

 

Deux quartiers parisiens abritent magasins, temple et restaurants indiens. Un voyage dépaysant et une initiation dans des cultures plurielles. Communautés, religions, art de vivre, maintien des traditions et vie citadine d’aujourd’hui s’entremêlent et se questionnent.

 

 
Deux petits quartiers parisiens abritent magasins et restaurants indiens. Ils sont situés de part et d’autre de la gare du Nord, aux deux bouts de la rue du faubourg Saint-Denis, dans le Xème arrondissement.
En parcourant les rues ou en entrant dans les boutiques, on se rend vite compte que le sous-continent indien s’écrit et se vit au pluriel. L’Inde à Paris accueille des Penjabi, Pondichériens, Sikhs mais aussi (et surtout) des Sri Lankais, Pakistanais, Bengali, Indiens de l’Ile Maurice ou de Madagascar… Ils sont hindouistes, musulmans, bouddhistes ou chrétiens (plus de 30 000 « indiens » vivent à Paris et dans sa région).
 
Ecoutez (ou téléchargez) l’émission que nous avons consacré à l’Inde à Paris :
 
 
 
 

Little Jaffna

Si, historiquement les premiers magasins indiens se sont installés dans le passage Brady (voir plus bas), c’est désormais au métro La Chapelle, tout en haut de la rue du faubourg Saint-Denis que se situe l’essentiel du quartier indien.
Plus de 100 magasins orientaux animent une rue typique du Paris haussmannien. Le week-end, plusieurs milliers d’indiens vivants en région parisienne viennent y faire leurs courses.
C’est la communauté Tamoul du Sri Lanka qui a investie cette partie de la capitale il y a une vingtaine d’année. Résidant originellement dans le Nord et l’Est de l’île avec Jaffna comme ville principale, les Tamouls, revendiquent au début des années 80 l’indépendance de leur région. Guerre civile et discriminations du pouvoir cingalais poussent de nombreux Tamouls à trouver refuge en France.
Aujourd’hui, le haut de la rue du faubourg Saint-Denis est remplie de restaurants, épiceries, coiffeurs, fleuristes, magasins de CD/DVD, agence immobilière et même école de conduite indiens. Dans les salons de beauté, on pratique l'épilation au fil (voir vidéo). Ces commerces sont tenus par des représentants de la communauté indienne.
 
 
 

Un shopping haut en couleur

Ce sont surtout les magasins de saris qui attirent l’attention du promeneur. Les couleurs vives et variées s’imposent dès la vitrine. Si ces magasins sont très fréquentés par les indiennes, ils sont bien appréciés des africaines et maghrébines. Les magazines de décoration suggèrent également à leurs lectrices d’aller dans ces boutiques pour trouver des tissus originaux pour confectionner rideaux ou coussins.
Il faut compter au moins 150 € pour un beau sari en soie (un tissu de 5 à 10 mètres de long + un boléro)
A côté des saris, les bijoux sautent aux yeux. C’est un déluge de pierres colorées et de dorures.
Suivons Cathy, une jeune française d’origine indienne dans une de ces boutiques :
 

Un temple discret mais fréquenté

Rue Pajol (de l’autre côté du métro aérien, derrière le square), l’immeuble du n° 17 passe inaperçu dans le paysage parisien. Pourtant, la petite montagne de chaussures au pied du bâtiment attire l’attention. Il faut dire que le rez-de-chaussée est désormais un temple hindouiste dédié à Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, un des plus populaires.
A l’intérieur, on retrouve tout ce qui fait un temple hindouiste : couleurs vives, piliers sculptés, autels abritant les statues des divinités, offrandes à profusion, encens, feu sacré, orfèvrerie, clochettes …
Les fidèles sont nombreux mais le curieux est le bienvenu s’il respecte les règles du temple.
Trois cérémonies ont lieu chaque jour à 10h, 12h et 19h.
 
 
 
Une fois par an, le quartier s’anime de façon exceptionnelle en l’honneur de Ganesh avec un cortège, des chars, des pénitents, des danseurs et musiciens en tenue traditionnelle, des milliers de noix de coco fracassées au sol, des fidèles… et une foule immense pour voir ce spectacle inattendu à Paris. La fête de Ganesh dépend du calendrier lunaire et à lieu en août/septembre.
 

Little Islamabad

En redescendant la rue du faubourg Saint-Denis en direction des Grands Boulevards, on rejoint l’autre partie du quartier indien, autour du passage Brady (33, boulevard de Strasbourg / 46, rue du faubourg Saint-Denis).
Ici, ce sont plutôt les Pakistanais musulmans qui ont élu domicile. Ils partagent le quartier avec une forte communauté turque (kurde) et des coiffeurs africains (sans oublier les commerces français traditionnels et les épiceries d’Europe Centrale !!!)
Si on trouve quelques magasins de DVD, ce sont surtout les restaurants qui retiennent l’attention. Suivons Sophie Royer, auteur du guide « Les Indes à Paris » paru chez Parigramme :
 
 
 
 
 

Le Passage Brady

C’est ici qu’au début des années 70, un Indien de Pondichéry ouvre une épicerie. Il est rapidement rejoint par des restaurateurs. Pendant longtemps, l’Inde à Paris, n’a rimé qu’avec le passage Brady. C’est un des plus modestes passages couverts de la capitale (ces petites rues coiffées d’une verrière, typiques de l’architecture parisienne du XIXème siècle).
Chaque restaurant a installé une petite terrasse et la chaussée et parfois étroite. C’est pratique ! Les serveurs peuvent facilement (et très gentiment;-) coincer le chaland pour l'inciter à venir manger dans leur établissement !
Si le décor donne une atmosphère indienne, les senteurs typiques font aussi beaucoup pour le charme de l'endroit.
 
 
 
Au milieu du passage, la grande épicerie Velan est certainement une des boutiques indiennes les plus attachantes de Paris. C’est là que Mr Pannoussamy, venant de Pondichéry (ancien comptoir français), s’est installé en 1972. Dans un univers Pakistanais musulman, cette épicerie est hindouiste (regardez l’autel au dessus de la caisse). Sophie Royer nous y emmène :
 
 
 
 

Des rencontres avec le monde indien

La rencontre avec les traditions et l’art de vivre indiens ne se limite pas au shopping et aux restaurants. Il existe des cours de cuisine indienne, des instituts ayurvédiques, des séances de yoga ou des cours de danse Bollywood, comme celui donné par Manjula :
 
 
 
Le site Internet L’Inde à Paris.com recense toutes les adresses utiles pour plonger dans les univers indiens (mais méfiez-vous des charlatans ou des délires pour certaines pratiques).
 
Pour être bien conseillé sur les films indiens à découvrir, nous avons particulièrement apprécié durant ce reportage l'accueil attentif et souriant que nous a réservé Bollywood Univers (96-98 rue du faubourg Saint-Denis).
 
Une balade dans les quartiers indiens de Paris reste aussi l’occasion de faire des rencontres et de discuter avec une communauté immigrée ou française d’origine indienne souvent heureuse de partager ses traditions. On peut (comme ce fut notre cas) mieux appréhender certaines coutumes mais aussi sentir la difficulté de transmission et le fossé qui peut s’installer entre les premières et deuxièmes générations. Suivons Alice Milot, notre reportrice, dans un magasin de saris, discutant de la fête de la puberté avec une mère et des jeunes filles :
 
 
 
Enfin, les mateurs d’art peuvent aussi aller voir les riches collections indiennes du musée national des arts asiatiques – Guimet, près du Trocadéro.
 
 
(Page réalisée avec Alice Milot.
Photos : Alice Milot, Ludovic Dunod)
 

 

1 Comments

Très beau reportage, j'ai également eu l'occasion de participer à une visite guidée du quartier indien à Paris : http://pietondelair.wordpress.com/2013/04/05/les-bonnes-adresses-du-quartier-indien-a-paris/

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