La soupe est certainement un des plus anciens gestes culinaires. Son origine se perd dans la nuit des temps. Elle fut pendant des siècles un plat de pénurie qui soutenait l’alimentation des plus pauvres. Pour s’en démarquer, les élites se sont mises à parler de potage et à le déguster d’une autre manière : dans une assiette individuelle, sans bruit de bouche, le dos droit, avec une soupière en argent ou en porcelaine au centre de la table.
« La soupe renvoie à une vieille tradition multiséculaire. On est sur une véritable profondeur historique » explique Florent Quellier, historien de l’alimentation.
Malgré cette continuité au fil des époques, la soupe tombe en disgrâce dans la seconde moitié du XXeme siècle.
Depuis une dizaine d’années, la soupe a changé d’image.
Un peu partout en France, les potages ont pris de la couleur et des saveurs inédites.
Les potages sont tendances et font courir le monde.
Ecoutez (ou téléchargez) l’émission que nous avons consacré à la soupe :
C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes
Dans le Limousin, en Corrèze, Renaud Jussaume restaure une ferme du XVIIIeme siècle en lui laissant toute son authenticité. Pas d’eau courante, pas de d’électricité, une grande cheminée en guise de foyer… Renaud a
converti le bâtiment historique en maison d'hôtes, louable pour vivre une expérience d’un autre temps.
Cuisinière et conteuse, Régine est aussi l’auteur de « Potins de légumes et recettes » et « Soupes et paroles d’anciens ». Elle connaît bien son sujet.
Entre recettes traditionnelles et mélanges plus modernes des parfums, les deux jours passent vite entre le marché, la salle commune de la ferme, les visites chez les producteurs locaux et l’histoire de la soupe.
En ville, les soupes et potages réchauffent aussi les corps et les cœurs.
Venu des Etats-Unis, le concept du bar à soupes connaît une véritable éclosion.
A Paris, le Bar à soupes, dans le quartier de la Bastille, a été le premier à décliner des soupes inventives à déguster sur place ou à emporter.
Le phénomène des bars à soupes ne se limite à la capitale. Bordeaux, Nantes, Marseille, Lille, Metz possèdent également leurs comptoirs spécialisés dans les potages.
« Chez nous, C’est la soupe haute-couture »
La Maison Giraudet, spécialiste des quenelles depuis plus d’un siècle, est désormais aussi une référence au rayon des potages.
Pour surfer sur la mode et souligner son identité, Giraudet parle de « collection » quand il évoque ses créations : soupe des alpages, soupe de châtaignes, voyage aux marquises ou soupe de topinambour à la truffe...
La « collection » change toutes les six semaines et évolue avec les saisons (en été, les gaspachos bien frappés remplacent les moelleux potages d’hiver).
Ce garant de la bonne cuisine à la française a déjà ouvert trois bars à soupes à Paris et deux à Lyon. A Bourg-en-Bresse, berceau de la marque, le magasin propose uniquement de la vente à emporter.
« La soupe est aujourd’hui portée par un discours diététique ultra favorable à la consommation de végétaux et de fibres, analyse Florent Quellier, historien de l'alimentation. Parallèlement, son retour en force se
place dans un discours identitaire.
Par l’alimentation, on essaie de montrer ses racines.
La mode actuelle des soupes s’inscrit totalement dans une crise que traverse l’Occident : psychoses alimentaires, construction européenne qui annonce la fin de l’Etat-Nation, mondialisation, prétendue américanisation de nos habitudes alimentaires.
Dans ce contexte, la soupe a beaucoup d’atouts pour répondre à toutes ces questions car elle est traditionnelle.
Mais en même temps, la soupe que nous consommons n’a rien à voir avec la soupe du XIVeme au XVIIIeme siècle. On va nous parler de soupe paysanne, mais cette soupe n’est paysanne que pour les publicitaires.
Elle est dans un imaginaire idéalisé. La soupe est donc une réponse identitaire mais complètement revisitée. »
Dis-moi quelle soupe tu manges et je te dirai qui tu es ? C’est étonnant tout ce qu’on peut voir dans une assiette ou dans un bol …
Le chantage qu’on a connu enfant (« mange ta soupe, si tu veux grandir ! », « mange ta soupe, si tu veux aller jouer ! ») n’est plus qu’un mauvais souvenir.
Désormais, les potages sont synonymes de plaisir et d’invention.
On en reprend une louche ?
Photos : Alexia Gaillard, Maison Giraudet
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1 Commentaires
j'y suis alle9e aussi un soir de concert e0 la sce8ne bsalitle. Ce n'e9tait pas Colman qui nous accueillies mais une charmante jeune femme qui nous a pre9pare9 les soupes e0 emporter et qui nous a chouchoute9es quand finalement nus avons eu le temps de poser nos fesses pour deener.Une bonne petite adresse toute simple avec plein de bonheur dedans
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